Cuisson du pain
Les servantes faisaient le pain pour les dimanches,
Avec le meilleur lait, avec le meilleur grain,
Le front courbé, le coude en pointe hors des manches,
La sueur les mouillant et coulant au pétrin.
Leurs mains, leurs doigts, leur corps entier fumait de hâte,
Leur gorge remuait dans les corsages pleins.
Leurs doigts monstrueux pataugeaient dans la pâte,
Et la moulaient en ronds comme la chair des seins.
Le bois brûlé se fendillait en braises rouges
Et deux par deux, du bout d’une planche, les gouges
Dans le ventre des fours engouffraient les pains mous.
Et les flammes, par les gueules s’ouvrant passage,
Comme une meute énorme et chaude de chiens roux,
Sautaient en rugissant leur mordre le visage.
Emile Verhaeren (1855-1916)
Vika a recopié ce poème en commentaire sous le dernier billet de Marie-Claire (au beau titre de « Découvrons le slow bread« ), et je le trouve très évocateur de ce que fut la fabrication et la cuisson du pain, autrefois.
Alors, avec l’accord de Vika et de Marie-Claire (merci!), je le recopie à mon tour ici, puisque ce site est celui du Pain sous toutes ses coutures!
Rien à voir avec la douceur et le calme de cette femme cuisant du pain, sous le pinceau de Helen Mary Elizabeth Allingham (1848-1926):


Très belle image ! J’aime beaucoup ce poème que j’ai mis aussi sur le blog enfant (je le gardais sous le coude pour le sujet « pain ».
Voici aussi comment expliquer le pain aux enfants (surtout aux grands et aux ados), les enfants peuvent s’occuper d’un levain, c’est tout à fait à leur portée !
http://troispetitstours.over-blog.com/article-le-levain-naturel-explique-aux-enfants-47128053.html
Ca rentre dans la rubrique « les mots du pain » ?